La bienveillance, juste un concept à la mode?

Quand j’entends en ce moment des réflexions ironiques du genre « ah oui la bienveillance, c’est le mot à la mode! Mais nous ne sommes pas dans le monde des bisounours! » (les « jeunes » de ma génération comprendront la référence!!!!), il me parait urgent et essentiel de faire un article sur ce thème! 

Alors oui, c’est « à la mode » mais j’ai envie de dire « il était temps ! »

Nous gérons de l’humain, nous avons la responsabilité d’accompagner des êtres en devenir, qui nous font confiance alors non la bienveillance n’est pas seulement une tendance c’est un DEVOIR, une OBLIGATION!

Des recherches en neurosciences le démontrent, que ce soit dans le milieu familial, scolaire ou professionnel, si votre entourage vous respecte, vous encourage, vous traite avec bienveillance et prend en compte vos besoins, votre individualité alors vous êtes plus autonome, plus créatif, plus productif, plus épanoui et vous faites preuve d’initiative….

Il est important d’encourager toutes les bonnes volontés qui tentent chaque jour de rendre l’école bienveillante et d’essayer d’y tendre de manière générale dans nos vies….

Quand on cherche à enseigner avec bienveillance, on se rend compte très rapidement que la bienveillance est intimement liée à la notion d’empathie et à la gestion des émotions.

Pourquoi apprendre aux enfants à reconnaitre et à gérer leurs émotions?

Tant que le cerveau n’a pas atteint sa pleine maturité (pas avant 20 ans, certains chercheurs affirmant même vers 30 ans), les processus de gestion des émotions ne sont pas totalement fonctionnels. L’enfant a alors des difficultés à contrôler et maîtriser ses réactions émotionnelles. L’enfant n’est pas en mesure de gérer l’ensemble des émotions qui affluent en lui du fait de l’incomplétude de ses réseaux neuronaux. Le cortex préfrontal est incapable de jouer son rôle de régulateur des émotions fortes.

L’apprentissage du langage des émotions aura alors sur l’enfant un impact sur son comportement social, et notamment sa capacité à surmonter le stress, à gérer son agressivité et à exprimer ses affects.

Par ailleurs, un enfant qui enfouit ses émotions, ses peurs, qui ne peut pas manifester sa joie ou sa colère, n’apprend pas à tenir compte de ce que lui ou les autres ressentent. Il ne développe pas d’empathie, pas de bienveillance, ni pour lui-même, ni pour les autres. Inversement, quand un enfant apprend à repérer ses émotions et à repérer le message envoyé par son corps, il arrive mieux à s’adapter et à comprendre ce qui compte pour lui mais aussi pour les autres.

Mais qu’est-ce que l’empathie?

L’empathie est une capacité de ressentir ou de comprendre les émotions, les sentiments, les expériences d’une autre personne. C’est pouvoir se mettre à la place d’autrui. 

Faire preuve d’empathie avec les élèves c’est assurer :

  • Un développement optimal du cerveau de l’enfant (compréhension / mémoire / apprentissages / motivation / créativité).
  • Une meilleure ambiance de classe ( relation enseignant-élève plus harmonieuse / développement des compétences sociales / diminution des problèmes de comportement / augmentation de la coopération et de l’entraide entre les élèves / des élèves plus épanouis).
  • Une amélioration de la qualité de l’apprentissage (régulation du stress / diminution du taux de cortisol )

Alors concrètement, dans notre école, cette « bienveillance » se traduit comment ?

  • Utilisation de la communication non violente
  • Mise en place d’ une éducation positive : «  Tout le monde est beau et gentil ! » « Tu fais tout ce que tu veux!» Non, ce n’est pas ça une pédagogie positive ! Une pédagogie positive, c’est mettre l’accent sur la progression des enfants plutôt que sur les erreurs; c’est valoriser les ressources et les qualités de chacun; c’est voir en chacun d’eux leur potentiel et les encourager à le développer, à prendre des responsabilités au sein du groupe.
  • Venir en aide et prendre soin de vos enfants, les aider à exprimer ce qu’ils ressentent en enrichissant leur vocabulaire / en travaillant sur les émotions, en exprimant moi-même mes propres émotions et sentiments et en leur posant des questions :« Est-ce que tu ressens de la colère / de la tristesse / de la joie? » « Est-ce que tu te sens fâché ? Démuni ? … » 
  • Apaiser leurs tensions, par le biais notamment de la relaxation chaque matin.. 

Ce sont aussi de petits gestes simples comme : 

  • s’appeler mutuellement par nos prénoms
  • s’intéresser à l’enfant, ses centres d’intérêt 
  • se mettre à la hauteur de l’enfant et lui parler doucement.
  • rester neutre, ne jamais juger de ce que ressent un enfant car chacun à sa propre vision du monde et sa propre réalité.
  • montrer que chacun a de la valeur, qu’il est écouté, qu’il fait parti du groupe et qu’il est reconnu

Et pour clore le sujet avec humour,  deux vidéos de « et tout le monde s’en fout » sur la bienveillance et les émotions. Bon visionnage!

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